Ils en parlent. Et ça fait plaisir.

Quand la télé, la presse écrite, le web et la radio parlent de littérature.

Media Marketing. Juin 26. (https://www.mm.be/news-fr-92506-paul-lefebvre-a-beaucoup-appris-de-jean-paul

Abracadabra. Doit encore présenter Jean-Paul Lefebvre ? Sa carrière publicitaire parle pour lui. C'est moins le cas de Paul Lefebvre, même s'il commence à se faire un nom dans le monde littéraire.
Après un premier roman, "Le Contr@t", paru l'an dernier chez Academia, et en attendant la sortie de son deuxième ("Sauter dans les flaques"), il a récemment publié "Petites glissades et autres dérapages" chez La Mêsonetta, un recueil de nouvelles écrites au cours de ces trois dernières décennies, dont plusieurs ont été primées. 
L’occasion de l’interroger sur les affinités parfois troubles entre littérature et publicité… « It taught me to write like a job », disait Salman Rushdie, concepteur-rédacteur dans une autre vie.

La pub vous a appris à écrire court. La littérature vous a-t-elle appris à écrire long ?
Honnêtement, à l’écriture de mon premier roman, c’est une question que je me suis posée. La discipline n’est-elle pas tout simplement différente ? Cela reste de l’écriture bien sûr, mais le rythme est autre. Un peu comme si on demandait à un coureur de 100 m de se mettre au marathon. Alors, oui, écrire "long" requiert une discipline plus grande. Il faut avoir une routine, écrire tous les jours. Et puis, il faut garder une certaine fraîcheur par rapport à des personnages que l’on côtoie sans arrêt. Il y a un temps d’apprentissage, c’est clair. Mais au final, ce n’est pas si compliqué que ça. Le genre de la nouvelle - histoire courte - est en revanche plus proche de l’exercice publicitaire.
 
La pub est faite de contraintes - brief, format, délai, client… Est-ce que cela bride l’imaginaire ou l'inverse ?
Il me semble que, dans une certaine mesure, cela ouvre l’imaginaire, cela nous emmène parfois dans des zones où nous n’aurions pas été si nous ne n’y avions pas été contraint. Et ça, c’est toujours intéressant. En pub, on apprend constamment de nos clients et de leurs produits. Par contre, s’il y a trop de contraintes, cela bride l’imaginaire. La campagne ressemble alors à un rallye qui contient trop de "passages obligés". Très difficile de prendre de la vitesse dans de telles conditions. 
 
Avez-vous gardé des réflexes de publicitaire quand vous écrivez de la fiction ? Lesquels vous servent encore ?
Il me semble qu’inévitablement, certains réflexes demeurent. Les deux réflexes qui me viennent à l’esprit sont l’efficacité et le sens de la formule. Je donne des cours de communication dans différentes écoles et j’y évoque le besoin d’un texte d’être "digeste". C’est vrai dans la pub comme dans la fiction. J’évite les phrases à rallonges. Je préfère l’écriture sujet-verbe-complément à la Pagnol. Pour moi, les phrases dans lesquelles on se perd sont des freins à la poursuite de la lecture. Ça, c’est pour l’efficacité. Le sens de la formule paraît assez logique. Entre "headline" et "punchline", il n’y a qu’un pas.
 
Le publicitaire fabrique des mondes en 30". Comment passe-t-on d’un imaginaire compressé à un imaginaire déployé ?
Dans la pub, on doit saisir les traits d’un personnage en quelques secondes. Ils doivent donc être compris rapidement, quitte à utiliser des clichés. En littérature, comme on a plus de temps, on peut y aller avec plus de nuances. C’est déjà vrai dans l’écriture de nouvelles, mais cela l’est encore plus quand il s’agit d’un roman.
 
La pub travaille beaucoup sur le non-dit : ce qu’une image suggère, ce qu’une phrase déclenche. Est-ce aussi comme cela que vous construisez une scène ?
Oui, tout à fait. Selon moi, il vaut mieux suggérer que montrer. Cela permet au lecteur de se faire sa propre image des protagonistes, ce qui est beaucoup plus gratifiant que de lui en faire une description où plus aucune interprétation n’est possible.
 
Avez-vous dû désapprendre certains automatismes publicitaires pour devenir écrivain ?
Ce n’est pas du désapprentissage, mais je dois faire attention au timing. Je dois être vigilant à ne pas arriver trop vite au but. Il faut que je me force parfois à semer des "fausses pistes", ce qui est le contraire de ce qu’on nous apprend dans la pub.
 
Y a-t-il une campagne que vous avez écrite qui vous semble, rétrospectivement, proche d’une nouvelle ?
Je pense que beaucoup de pubs pourraient faire de bons débuts de nouvelles. À chaud, et s’il ne faut en choisir qu’une, je dirais un film pour Alpro dessert - chez TBWA, en team avec Hugues Legros - où l’on suit un couple très normal dans une ambiance très "American Beauty". Une voix off nous explique que Pierre, le mari, a des idées arrêtées sur de nombreux sujets, dont le fait que, pour lui, le soja, c’est dégueulasse. On apprend qu’en plus, elle le trompe. Suspens. Comment ? En enlevant l’étiquette des desserts Alpro qu’elle lui donne. Et lui ne se rend compte de rien. Signature : "Alpro Soja, bien meilleur que l’idée qu’on s’en fait". Cette ambiance malsaine où l’on sent le drame se préparer pourrait faire un bon point de départ pour un thriller.
 
Pourquoi ce pseudonyme ? Est-ce une manière de créer une distance avec le publicitaire Jean-Paul Lefebvre ?
Certainement. C’est aussi une référence à la série "Le bureau des légendes" où le héros incarné par Matthieu Kassovitz, agent des services secrets, endosse différentes identités. La plus utilisée est celle de Paul Lefebvre, écrivain. Cela tombait tellement bien. Je l’ai donc adoptée.
 
Le publicitaire écrit souvent dans l’ombre. L’écrivain, lui, signe. Qu’est-ce que cela change ?
Honnêtement, c’est gratifiant. Cette reconnaissance est aussi plus logique, car, en littérature, on est souvent le seul auteur. En revanche, dans la pub, les idées, même brillantes, sont souvent le fait de talents conjugués. Bien sûr, les créatifs sont en première ligne. Et ils sont souvent deux. Mais si l’idée a vu le jour, c’est aussi grâce au directeur de création, au stratège, au commercial, au producteur, au réalisateur et, bien sûr à l’annonceur. Il y a donc beaucoup de têtes sous les mêmes lauriers.
 
Après toutes ces années à écrire pour convaincre, séduire ou vendre, qu’est-ce que vous cherchez aujourd’hui en écrivant de la fiction ?
Je pense que ce qui me plaît dans la pub et dans la fiction, c’est de raconter des histoires. La fiction permet bien sûr d’explorer un univers plus large et d’embarquer ses lecteurs ou spectateurs pendant quelques heures plutôt que quelques secondes, mais le but est le même : les faire voyager. Chaque nouvelle de mon recueil "Petites glissades et autres dérapages" est un petit voyage. Enfin, je l’espère. A vous de juger. 
 
"Petites glissades et autres dérapages" est disponible dans toutes les bonnes librairies, physiques et en ligne. 

Antipode. Juin 26.

BXFM. Juin 26.

L'Avenir. Juin 26.

La Dernière Heure. Juin 26.

Mérite culturel. Mars 2026. 

Vidéo teaser de lancement.

https://youtu.be/xaU9Ez3Juns

 

Interview LN24. Ca se passe chez nous. Juillet 2025.

https://youtu.be/F-TQlyarVY4

Campus.be. Lectures de l'été. Juillet 2025.

Editions Academia. 13 mai 2025.

Media Marketing. 8 mai 2025.

 

TRAINING&BOOKS

Jean-Paul Lefebvre signe un contrat avec les Éditions Academia.

Le rédacteur publicitaire freelance Jean-Paul Lefebvre a publié son tout premier roman : "Le contr@t" (sous le nom de Paul Lefebvre).
Présenté comme un "thriller psychologique où la justice et les ténèbres s’entremêlent", l’ouvrage raconte l’histoire de Leïla, une stratège brillante et ambitieuse, qui, à bout de souffle et de solutions pour se libérer de l’emprise insidieuse de son supérieur hiérarchique, plonge dans les abysses du Dark Web pour louer les services d’un tueur à gage virtuel…  
"Le contr@t" est disponible dans toutes les bonnes librairies, ainsi qu’en ligne, notamment sur le site web des Éditions Academia

Le Soir, 2 avril 2025. Amorces de récit.

Par Jean-Claude Vantroyen journaliste au pôle Culture

Publié le 2/04/2025 à 16:08 Temps de lecture: 1 min

 

DEUX RECUEILS ET UNE CENTAINE DE PERSONNALITÉS EN SOUTIEN À BOUALEM SANSAL

En deux livres, « Amorces de récit » chez Asmodée Edern / Pen Belgique et « Pour Boualem Sansal » chez David Reinharc, une centaine d’autrices et d’auteurs défendent le courage et l’honneur de l’écrivain condamné à cinq ans de prison.

Boualem Sansal est un immense écrivain, personne n’en doute. Ses œuvres ont remporté des dizaines de prix et ont bouleversé des milliers de lecteurs. Pas le pouvoir algérien. Le 16 novembre–2024, il est arrêté à Alger. Depuis, il est en prison. Le 27 mars–2025, il est condamné à une peine de cinq ans de prison ferme. Liberté d’expression est un mot inconnu à Alger. On verra si le contact téléphonique de lundi entre Emmanuel Macron et son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune sera suivi du « geste de clémence et d’humanité » demandé…

En attendant, des gens se lèvent pour défendre l’écrivain algérien. Des lecteurs d’abord qui, en novembre dernier, se sont précipités dans les librairies pour acquérir ses romans. Chez Tropismes, à Bruxelles, par exemple, on a constaté beaucoup d’intérêt pour ses romans à ce moment-là. Chez Gallimard, son éditeur, on publie, le 4 avril, son Discours pour le Prix de la paix des libraires et éditeurs allemands, délivré à Francfort le 16 octobre 2011 dans la collection Tracts. Et deux recueils de textes viennent d’être édités en soutien à l’écrivain emprisonné.

Le premier, Amorces de récits – En soutien à Boualem Sansal, est une initiative belge. Liliane Schraûwen est écrivaine, administratrice de Pen Belgique et grande admiratrice de l’auteur algérien : « Quand j’ai vu qu’il avait été arrêté, j’ai contacté le président du Pen Belgique Vincent Engel en lui disant qu’il fallait qu’on fasse quelque chose. Il a eu l’idée du recueil, je m’en suis occupée. »

Qu’est-ce qu’on espère avec ce livre ? « Faire du bruit, rien de plus », réagit Liliane Schraûwen. « Il y a déjà du mouvement, il y a des comités de défense en Belgique et en France. Et nous, on ne peut que faire en sorte que personne n’oublie. Et je pense que si la pression devient de plus en plus forte et donne une image tellement négative du gouvernement algérien, ça peut jouer. »

Il s’agit de témoigner de la solidarité des intellectuels face à cet enlèvement légal du gouvernement algérien

PASCAL BRUCKNER, Romancier et essayiste français

« Dans ce volume, près de 40 autrices et auteurs se veulent témoins, se veulent solidaires d’un homme emprisonné honteusement », écrit Vincent Engel dans son avant-propos à Amorces de récits. « D’un homme digne et qui, quoi qu’en pensent ses geôliers, est tout sauf seul, abandonné. Par ces textes, ces taches d’encre sur le papier que les aveugles jugent insignifiantes, nous sommes avec Boualem Sansal, dans sa cellule. Dans sa tête, dans son cœur, pour lui rendre espoir. Et nous nous insinuons dans l’esprit de ses bourreaux pour les tourmenter, sans violence mais avec toute la force des mots… »

En tout cas, pas de jalousie de la part de Lilian Schraûwen à l’encontre du même style de recueil qui vient aussi de paraître en France : « Je suis très contente au contraire de voir que deux groupes de personnes ont eu la même idée au même moment. L’essentiel, c’est d’en parler. »

CLIVAGE

En France, c’est l’éditeur David Reinharc qui est à l’initiative de Pour Boualem Sansal. « Il m’avait fait l’honneur de me donner deux textes, et j’avais comme une dette et de la gratitude à son égard », dit l’éditeur. « Lors d’une soirée en soutien à l’écrivain emprisonné, le 16 décembre, j’ai été étonné : la salle n’était pas pleine. Alors je me suis dit : on va publier un livre en soutien. Je l’ai confié à Pascal Bruckner et Michel Gad Wolkowicz. Faire avancer les choses dans les coulisses de la diplomatie, ça ne semble pas marcher, et comme il n’est pas possible d’attendre, faisons ce que nous, éditeurs et auteurs, pouvons faire : par l’écriture, mettre la pression sur le gouvernement algérien. » Pascal Bruckner ajoute : « Il s’agit de témoigner de la solidarité des intellectuels face à cet enlèvement légal du gouvernement algérien. »

Pascal Bruckner dit, dans son avant-propos : « Boualem Sansal, combattant de la liberté et grand écrivain francophone, doit être défendu sans condition face à l’arbitraire d’un pouvoir militaro-islamiste. Toute réticence à son endroit équivaut à l’approbation de ce kidnapping légal. » Dans cette phrase, il y a les mots « sans condition ». C’est que, à voir la liste des auteurs et autrices du recueil « français », on sent une coloration à droite (lire ci-contre). « Nous avons contacté de nombreuses personnalités culturelles et politiques de gauche », affirme David Reinharc, « mais soit nous n’avons pas eu de réponse soit ce fut un non. Il est symptomatique de voir qu’une partie de la gauche est sans voix dans cette affaire. » Pascal Bruckner avoue aussi : « Il y a plus de gens de droite que de gauche parmi les signataires du recueil. Individuellement, ils sont tous indignés mais, au point de vue des partis, les grands partis de gauche ne sont pas au rendez-vous. »

On sait qu’il y a polémique en France au sujet de Boualem Sansal (son interview au média d’extrême droite Frontières a été sujette à controverse, NDLR). Mais l’essentiel n’est pas là. L’essentiel, c’est qu’un écrivain est en prison pour ses écrits. Le clivage gauche/droite ne devrait pas résister à cette réalité. Comme dit David Reinharc, « il s’agit ici de liberté d’expression et notre devoir est d’intervenir. » Comme dit Liliane Schraûwen, « que vous soyez de droite, de gauche, d’en haut ou d’en bas, la question n’est pas là : il y a là un homme en danger, et ce n’est pas n’importe qui. »

Amorces de récits – En soutien à Boualem Sansa - Asmodée Edern / Pen Belgique

Pour Boualem Sansal - David Reinharc Editions

 

QUELQUES AUTEURS ET AUTRICES

Dans Amorces de récits

Tahar Bekri, Kamel Bencheikh, Eric Brogniet, Carino Bucciarelli, Claude Donnay, Françoise Duesberg, Geoffrey Fierens, Nadia Geerts, Evelyne Guzy, Jean Jauniaux, Jean-Paul Lefebvre, Malika Madi, Nguyên Tuyêt-nga, Colette Nys-Mazure, Françoise Pirart, Annie Préaux, Marianne Sluzny, Nathalie Stalmans, Yves Wellens, Carmelo Virone, Leïla Zerhouni…

 

Dans Pour Boualem Sansal

Alaa Al-Aswani, Gabriel Attal, Elisabeth Badinter, Tahar Ben Jelloun, Georges-Marc Benamou, Bernard Cazeneuve, Jean-Pierre Chevènement, Boris Cyrulnik, Raphaël Enthoven, Alain Finkielkraut, Franz-Olivier Giesbert, Richard Malka, Michel Onfray, Edouard Philippe, Plantu, Robert Redeker, Bruno Retailleau, Daniel Salvatore Schiffer, Sylvain Tesson, Manuel Valls…

 

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